Guide · Contrôle numérique

Contrôler l’intégrité des fichiers de sa collection

Un scan, une photographie ou un enregistrement peut sembler présent dans un dossier alors que son contenu a changé. Pour vérifier une copie, associez un contrôle des octets à une lecture réelle du document et conservez une référence créée avant le transfert.

Par la rédactionPublié le 02/10/20268 min de lectureMis à jour le 02/10/2026
Illustration d’un inventaire reliant des objets à leur documentation
Les fichiers, leurs références et le journal de contrôle prolongent l’inventaire matériel. Illustration éditoriale.

La réponse en bref

Vérifier ses copies numériques

Calculez l’empreinte SHA-256 du fichier de référence, conservez cette empreinte avec son nom, sa taille et la date du contrôle, puis calculez celle de la copie. Comparez les résultats et ouvrez le fichier. Une différence signale un changement à expliquer ; une correspondance ne certifie pas l’origine ou la qualité du document.

Calculer et comparer mes empreintes SHA-256 →

Les 5 gestes essentiels

  1. 01

    Choisir un fichier de référence et vérifier sa lisibilité.

  2. 02

    Calculer son empreinte avec un algorithme identifié.

  3. 03

    Conserver le manifeste avant de copier.

  4. 04

    Calculer les empreintes des copies et comparer.

  5. 05

    Documenter les résultats et examiner les différences.

Étape 01

Intégrité, lisibilité et provenance : trois questions différentes

L’intégrité compare le contenu numérique à une référence. La lisibilité demande si un logiciel ouvre et restitue le document. La provenance décrit qui l’a créé, d’où il vient et quelles transformations ont été effectuées. Aucun de ces contrôles ne remplace les deux autres.

Exemple de travail : vous copiez GC-001-face.jpg sur un disque. Une empreinte correspondante vous aide à vérifier la copie. Ouvrir l’image permet de constater qu’elle n’est pas tronquée. La fiche de l’objet explique quand la photo a été prise et quels recadrages ont été produits séparément.

Points à contrôler

  • Fichier ouvert et contrôlé
  • Version de référence identifiée
  • Auteur ou origine documentés
  • Transformations consignées

Étape 02

Comprendre ce que calcule SHA-256

Une empreinte est calculée à partir des octets du fichier. SHA-256 produit une valeur de 256 bits, généralement écrite avec 64 caractères hexadécimaux. Le nom ou l’emplacement du fichier ne font pas partie de ce calcul : renommer une copie sans modifier son contenu conserve son empreinte.

La méthode digest de Web Crypto permet ce calcul dans un navigateur compatible, en contexte sécurisé. Elle lit le contenu en mémoire plutôt que de traiter un flux infini. Notre outil limite donc le nombre et le volume des fichiers et les traite un à un ; il n’est pas adapté à une grande collection de vidéos.

Étape 03

Créer la référence avant le transfert

Commencez par les fichiers que vous souhaitez réellement garder. Ouvrez-les, identifiez leur version et calculez les empreintes. Le manifeste de notre outil associe chaque nom à une taille et à une valeur SHA-256. Il ne contient pas les photographies ou les enregistrements eux-mêmes.

Conservez le manifeste exporté à côté d’une description du lot et gardez-en aussi une copie indépendante. Ne l’écrasez pas automatiquement lors d’un prochain contrôle : vous perdriez le point de comparaison. Attribuez une date ou une référence à chaque session de contrôle.

  1. 01

    Identifier le lot

    Noter ce qu’il contient et quelle version fait référence.

  2. 02

    Calculer

    Créer les empreintes des fichiers lisibles.

  3. 03

    Exporter

    Garder le manifeste et l’algorithme utilisé.

  4. 04

    Copier

    Transférer les fichiers sans supprimer la référence.

Étape 04

Comparer les copies et comprendre les noms

Après le transfert, sélectionnez les copies et importez le manifeste créé avant la copie. L’outil rapproche les noms exacts, puis compare tailles et empreintes. Un fichier non sélectionné n’est pas forcément perdu ; un nom absent du manifeste peut correspondre à un ajout ou à un renommage.

Si vous avez renommé une copie, contrôlez-la séparément avec l’empreinte individuelle du fichier de référence. Lorsque deux fichiers différents portent le même nom dans deux dossiers, traitez-les dans des lots séparés : une liste sans chemins ne permet pas de les distinguer de façon fiable.

Étape 05

Examiner une différence sans écraser les preuves

Une retouche, un changement de métadonnées incorporées, une conversion ou une nouvelle version modifient le fichier. Une différence ne signifie donc pas automatiquement une panne. Comparez l’historique des opérations et vérifiez si vous avez choisi le bon original.

Gardez les versions concernées et le résultat du contrôle pendant votre examen. Si une copie est endommagée, recherchez une autre copie connue et contrôlée avant de remplacer le fichier. Un manifeste seul ne restaure aucune donnée.

Points à contrôler

  • Même version sélectionnée
  • Modification volontaire recherchée
  • Copie indépendante examinée
  • Résultat et décision consignés

Étape 06

Tenir un journal de contrôle utile

Une ligne de journal peut comporter : date, lot, emplacement contrôlé, algorithme, manifeste utilisé, nombre de fichiers, différences et décision. Après une conversion volontaire, créez une nouvelle référence pour le nouveau format en conservant le lien vers l’original.

Contrôlez après une copie ou une migration, puis définissez une fréquence adaptée à vos supports et à l’importance des documents. Les calculs ne dispensent pas d’une ouverture régulière des fichiers ni de tests de récupération de la sauvegarde.

Questions fréquentes

Ce qu’il faut encore savoir

Deux fichiers de même taille sont-ils identiques ?

Non. Ils peuvent contenir des octets différents. Comparez leurs empreintes calculées avec le même algorithme et vérifiez leur version.

Pourquoi le résultat change-t-il après une retouche ?

La retouche modifie le contenu ou les métadonnées du fichier. Conservez l’original et identifiez la version retouchée avec une nouvelle référence.

Une empreinte valide-t-elle l’authenticité d’une archive ?

Elle contrôle une correspondance avec une référence choisie. L’origine, la date et les transformations demandent une documentation distincte.

Le manifeste suffit-il pour récupérer une photo perdue ?

Non. Il conserve des informations de contrôle, pas la photo. Il faut une copie indépendante du fichier pour le récupérer.

Pour vérifier et approfondir

Sources institutionnelles

Ce guide explique un contrôle de copies. Il ne remplace pas une procédure de préservation institutionnelle ni une expertise d’authenticité.